Un CDD ne peut être rompu
ni par le salarié ni par l'employeur pour quelque motifs que ce soit
(à part la faute grave, qu'il faut alors prouver rendant
la poursuite du contrat impossible ou l'accord entre les 2 parties). Dans
le cas contraire, un dédomagement au moins égal au salaire
restant à verser jusqu'à la fin du contrat pourra être
exigé. Sans parler d'une amende si l'employeur est à l'origine
de la rupture.
Attention au contrat, sinon le CDD se transformera en
CDI si la nounou le demande !
Juridiquement parlant, le CDD, a une application très règlementée
: si vous ne respectez pas la législation, ce CDD pourra se voir
transformé par la juridiction compétente en CDI.
Vous pouvez tout à fait conclure un CDI en marquant
dans le contrat que son but est "de garder l' enfants X non scolarisé"
ou "en remplacement de Mme X en arrêt pour une durée
indéfinie". Ainsi vous économiserez la prime de précarité
et vous pourrez le rompre si tout se passe mal De plus la période
d'essai est plus longue dans le cas d'un CDI, et est renouvellable, ce
qui permet d'être sur que les 2 parties sont d'accord. Vous pourrez
tout à fait licencier la personne une fois que les conditions du
contrat (enfant non scolarisé, salariée absente) est remplie.
Le licenciement aura alors la cause réelle
et sérieuse nécessaire dans le cas d'une nounou à
domicile. Dans le cas d'une assistante maternelle, vous n'avez pas
à justifier la fin de contrat.
Pour un CDD, la période d'esssais ne peut exceder 2 semaines OU
1 jour de travail par semaine de CDD (la plus courte des 2 durées)
L'article L.122-3-1 du Code
du travail, impose la rédaction d'un écrit et l'énonciation
de la définition précise du motif de recours au contrat de travail à
durée déterminée (CDD). Cette obligation est immédiatement suivie d'une
sanction, "à défaut, il est réputé conclu pour une durée indéterminée".
Il est donc clairement établi que l'absence d'écrit et d'énonciation
précise du motif de recours fait présumé que le contrat est à durée
indéterminée.
La chambre sociale de la Cour de cassation a même précisé que "faute
de comporter la signature de l'intéressé, le CDD invoqué par l'employeur
ne pouvait être considéré comme ayant été établi par écrit et qu'il
était par suite, réputé conclu pour une durée indéterminée"
(Cass. soc., 26 oct. 1999, Dr. Soc. fév. 2000, p. 201).
La requalification du CDD, ne respectant pas les prescriptions
de L. 122-3-1 du code du travail, en CDI sera donc automatique,
et l'employeur ne sera pas admis à rapporter la preuve de l'existence
d'un contrat verbal conclu pour une durée déterminée pour écarter la
présomption légale (Cass.
soc., 21 mai 1996, préc.). Seul le salarié,
le syndicat ou l'AGS (assurance garantie des salaires) sont en droit
de l'invoquer, car "les dispositions prévues par les articles L 122-1
et suivants du Code du travail ont été édictées dans un souci de protection
du salarié". Ce qui veut dire que vous -parent employeur- ne pourrez
profiter de la possibilité de requalifier le CDD en CDI si vous
souhaiter finalement l'interrompre avant la fin prévue au contrat.
Par contre, votre nounou pourra le faire (si le contrat est mal rédigé),
et qu'elle désire démissionner avant la fin de la durée
initiale prévue.
A noter, depuis le janvier 2002, (code du travail L122-5) un
employé qui a trouvé un CDI peut rompre un CDD moyennant
un préavis d'1 jour par semaines de CDD (durée prévue
au départ du CDD, renouvellement inclus), sachant que le préavis
ne peut excéder 2 semaines.
La Cour de cassation a affirmé que "lorsqu'un contrat est conclu
en application de l'article L 122-1-1 1° du Code du travail, il doit
comporter le nom et la qualification du salarié remplacé; qu'en l'absence
de cette mention, le contrat est réputé conclu pour une durée indéterminée
et l'employeur ne peut écarter la présomption légale ainsi instituée
en apportant la preuve de la connaissance qu'avait le salarié du nom
de la personne remplacée" (Dr.
soc. 1997, p. 924; Cass. soc., 6 mai
1999, Bull. civ. V, n° 160; Cass. soc., 1er juin 1999, Dr. Soc. 1999,
p.838).
En définitive, le CDD doit être obligatoirement passé par écrit,
contenir l'énonciation précise de son motif de recours, et le nom et
la qualification du salarié remplacé, si le CDD est conclu pour le motif
de remplacement d'un salarié absent. Sinon, le CDD sera immanquablement
requalifié en CDI, si le salarié en fait la demande à l'institution
judiciaire.
Les autres mentions de l'article
L 122-3-1 du code du travail devraient figurer dans le CDD, afin
de lui assurer la sécurité juridique nécessaire. Mais, si tel n'était
pas le cas, la sanction ne serait pas aussi systématique que dans le
cas précédent. La requalification sera laissé à l'appréciation du juge,
qui l'a déjà refusé pour l'omission de la convention collective applicable
(Cass. soc., 26 oct.
1999, Dr. Soc. 2000, p. 202), et il devrait en faire
de même pour le nom et l'adresse de la caisse de retraite complémentaire
et de l'organisme de prévoyance, ces indications ayant le même valeur
informative que la mention de la convention collective applicable.